Archives de Catégorie: Histoire et Traditions

Organisation sociale et système de castes

Parties du principe que pour comprendre les traditions et habitudes d’une civilisation, il faut connaître son Histoire, nous nous sommes plongées dans l’Histoire de ce sous-continent.
L’organisation sociale du pays est fondée sur les textes sacrés de l’Hindouisme (dont les Loi de Manu) et se définit en système de castes. Si nous nous donnons la peine d’approfondir le sujet, c’est que ce système, bien qu’officiellement aboli et interdit depuis 1949, perdure dans les mentalités et dans les cultes religieux. Il d’autant plus présent dans les communautés rurales.

castes

Les castes définissent précisément les droits et devoirs de chacun en fonction de sa position hiérarchique. L’individu hérite de sa caste de naissance avec des règles des traditions et des métiers qui lui sont propres. Le passage d’une caste à une autre est très difficile.

Il existe quatre classes sociales (varna) divisées en une centaine de groupe (jâti) qui sont les castes proprement dites.
Le Varna est étroitement lié à l’hindouisme et à la notion de karma car chacune des classifications renvoie à une partie de l’essence divine prenant forme humaine :

  • la tête et la bouche ont donné les brahmanes, chargés des sacrifices, de l’étude et l’enseignement du sacré,
  • les deux bras ont constitué les kshatriya, liés à la protection de la société (roi, administrateur et soldat),
  • les deux cuisses ont donné les vaishya, chargés du commerce, de l’élevage et de l’agriculture
  • les deux pieds donnant les shûdras (les serviteurs)

les intouchables représentent un dernier regroupement d’individus, ce sont les exclus des quatre varna ; ils sont considérés comme très impurs, associés aux travaux dégradants par les classes supérieurs.
Au XXe siècle, la condition des intouchables s’est sensiblement améliorée, des partis politiques ont vu le jour permettant aux intouchables des revendications et une représentation politique. Certains ont fait le choix de changer de religion, via l’islam, le christianisme ou le bouddhisme, pour prétendre à un avenir plus clément.

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Le statut de la femme hindoue

Le décès de cette adolescente, victime d’un viol collectif à New Delhi, a déclenché une vive émotion dans tout le pays. Cet événement, qui n’est pas isolé, relance la question sur le droit et la place des femmes dans la société indienne. Dans ce pays patriarcal, aux hiérarchies sociales particulières (système de castes), le statut de femme laisse encore à désirer.
Nous nous sentons évidemment concernées par ce sujet, et notre entourage nous le rappelle régulièrement, nous les trois jeunes occidentales…

Voici donc un petit aperçu historique du statut des femmes en Inde.

La place de la femme dans la société indienne selon l’hindouisme est à la fois subordonnée et centrale. D’après les lois de Manu (les plus anciens textes de la tradition hindoue), la femme indienne se définit toute sa vie par rapport à un homme : durant son enfance elle dépend de son père. Puis une fois mariée, elle dépend de son mari, son mari étant mort, de ses fils. Une femme hindoue ne doit jamais rien faire suivant sa propre volonté. Son accomplissement passe par la maternité. La mère incarne une véritable fonction sacrée en donnant la vie et en nourrissant les siens.
femmes

Et pourtant, la condition féminine n’a pas toujours était ainsi:

Au cours de l’Antiquité, la femme indienne avait un statut social égal voir même supérieur à l’homme. Elle avait librement accès à l’éducation, sans limite thématique.
A partir du Vie siècle, avec l’invasion musulmane et le durcissement du système des castes, la liberté d’action féminine se dégrada ; non pas à cause des enseignements hindouistes ou de l’Islam, mais plutôt à cause de l’ignorance et des préjugés sexistes des chefs religieux de ces deux confessions, qui ont contribué à l’imposer.
Toutefois, le développement du jaïnisme (religion prônant la non-violence) a permis de souligner les injustices faites aux femmes et une revalorisation de leur statut. Mais la société patriarcale traditionnelle a vite repris le dessus!
Au XIXème siècle, suite à la présence européenne sur le territoire indien, un lent mouvement de contestation non-violente et de réformes sociales et religieuses s’entama : des réformateurs comme Mahatma Gandhi ont lutté, entre autre, contre des pratiques imposées aux femmes et ont rétablit le droit à l’éducation. Progressivement, les femmes ont retrouvé un espoir de liberté, d’accès à la pratique d’un métier en relation avec leurs études et une meilleure affirmation de leur identité
Afin d’améliorer le sort des femmes, des gouvernements régionaux, des associations indiennes et internationales se multiplient aujourd’hui et luttent avec force et courage sur le terrain.

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